J'ai une amie qui a une amie qui a un ami qui a une amie qui se souvenait pas qu'il avait un vieil ami qui lui a un ami qui a écrit "mort aux vaches" sur FaceBook, et les listes d'amis n'y sont plus privées. Juste comme ca.
Étrange fixation sur la guillotine. Par je ne sais quel chemin, je suis arrivé à elle sur Internet, au détour d'une procrastination. J'en sais maintenant tous les modèles, tout le nom des parties, tout du rituel de l'exécution, tout de la généalogie des bourreaux de France.
Le poids mis sur le couperet, l'amélioration du biseau de la lame, les surnoms qu'elle eût (parmi d'autres, le rasoir national, la raccourcisseuse patriotique, et la splendeur poétique d’Abbaye de Monte-à-regret), les améliorations apportées au mécanisle, les derniers mots des suppliciés (comme Ravachol qui chanta en montant à l'échafaud la chanson du père Duchesne à tue-tête jusqu'au moment fatidique).
L'accablement de Guillotin qui ne voulait pas que son nom y fut associé, et qui milita pour elle d'un point de vue humaniste et progressiste à une époque où l'on coupait encore maladroitement à la hache ou au sabre et où l'on pendait avec de mauvais noeuds entrainant l'asphyxie lente et douloureuse plutôt que la rupture des vertèbres.
L'idée de la suggérer à Obama, nobel de la paix, pour sortir un peu de la barbarie des protocoles d'exécution très souffrants de sa fédération pas encore abolitionniste. Bien que sanguinolente sur le plan symbolique, elle demeure à la fine pointe de l'humanité sur le plan pratique pour un état qui tolère le meurtre légal, le condamné ne ressentant qu'un léger souffle d'une seconde sur son cou.
Étranges penchants morbides pour se détourner du devoir d'écrire, souriant de l'étymologie du nom de l'assistant du bourreau chargé de tenir la tête pour qu'elle tombe dans le panier et non par terre, une fois celle-ci coincée par deux autres aides dans la lunette: le photographe.
Le poids mis sur le couperet, l'amélioration du biseau de la lame, les surnoms qu'elle eût (parmi d'autres, le rasoir national, la raccourcisseuse patriotique, et la splendeur poétique d’Abbaye de Monte-à-regret), les améliorations apportées au mécanisle, les derniers mots des suppliciés (comme Ravachol qui chanta en montant à l'échafaud la chanson du père Duchesne à tue-tête jusqu'au moment fatidique).
L'accablement de Guillotin qui ne voulait pas que son nom y fut associé, et qui milita pour elle d'un point de vue humaniste et progressiste à une époque où l'on coupait encore maladroitement à la hache ou au sabre et où l'on pendait avec de mauvais noeuds entrainant l'asphyxie lente et douloureuse plutôt que la rupture des vertèbres.
L'idée de la suggérer à Obama, nobel de la paix, pour sortir un peu de la barbarie des protocoles d'exécution très souffrants de sa fédération pas encore abolitionniste. Bien que sanguinolente sur le plan symbolique, elle demeure à la fine pointe de l'humanité sur le plan pratique pour un état qui tolère le meurtre légal, le condamné ne ressentant qu'un léger souffle d'une seconde sur son cou.
Étranges penchants morbides pour se détourner du devoir d'écrire, souriant de l'étymologie du nom de l'assistant du bourreau chargé de tenir la tête pour qu'elle tombe dans le panier et non par terre, une fois celle-ci coincée par deux autres aides dans la lunette: le photographe.
" Je suis peut-être bouché à l'émeri, mais je ne puis comprendre qu'un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil ! " -- première lettre de refus de publication de la recherche du temps perdu de Proust, ollendorf éditeur.
" Votre histoire retrace fidèlement un des malaises de la société contemporaine. Vous décriez avec brio ce besoin d'évasion, de changer complètement de vie pour atteindre le but ultime: découvrir qui l'on est. Cependant, malgré une écriture efficace, nous n'avons pas été séduits par votre histoire qui s'inscrit difficilement dans notre ligne éditoriale ." -- première lettre de refus de la publication de d'où viens-tu berger de M Lefebure en France, le dilettante éditeur.
(je reste chez Leméac pour la suite, au Québec, j'irai quand même pas chez Boréal, mais je gère mes droits en France)
" Votre histoire retrace fidèlement un des malaises de la société contemporaine. Vous décriez avec brio ce besoin d'évasion, de changer complètement de vie pour atteindre le but ultime: découvrir qui l'on est. Cependant, malgré une écriture efficace, nous n'avons pas été séduits par votre histoire qui s'inscrit difficilement dans notre ligne éditoriale ." -- première lettre de refus de la publication de d'où viens-tu berger de M Lefebure en France, le dilettante éditeur.
(je reste chez Leméac pour la suite, au Québec, j'irai quand même pas chez Boréal, mais je gère mes droits en France)
" Comprendre que la famille nuit à la littérature; comprendre que la littérature se construit contre la famille; non pas contre elle comme un combat visant à la caincre ou la détruire, mais contre elle par nécessité logique. La famille est la permanence du même, la dilution de son individualité pour cette permanence, pour une obligée reproduction. La littérature est la destruction du cadre, le refus du même, la volonté de le renouveler par la rupture, ou minimalement de le transfigurer. On n'écrit pas le matin dans le métro en allant travailler dans une société monétariste agitée, ni le weekend-end en affichant une famille nucléaire propre – si on le fait, ce qu'on écrit n'a d'intérêt pour personne et va disparaitre.
[...]
La littérature met à jour les failles et les névroses, jette la lumière sur ce qui a besoin d'ombrages pour que la famille existe. La famille a besoin du silence des secrets cachés pour exister. La littérature a besoin du contraire. Si les secrets sont dévoilés, il n'y a plus de famille. Si les secrets restent cachés, il n'y a pas de littérature.
Nous entendons ici la famille au sens large, étendu, abstrait. Un parti, une patrie, un groupe social qui adhère à une doctrine qui fonctionne, des voisins mobilisés par l'urbanisme qui s'entendent, un groupe de gens qui soupe, un ministère, des gens d'affaire en réunion avec des clients. Mais nous entendons bien entendu aussi son incarnation fondamentale et maudite, le mariage monogame issu des monothéismes et leurs horribles persistances pseudo-laïques. "
Antoine Grange, copuler, militer ou écrire?
[...]
La littérature met à jour les failles et les névroses, jette la lumière sur ce qui a besoin d'ombrages pour que la famille existe. La famille a besoin du silence des secrets cachés pour exister. La littérature a besoin du contraire. Si les secrets sont dévoilés, il n'y a plus de famille. Si les secrets restent cachés, il n'y a pas de littérature.
Nous entendons ici la famille au sens large, étendu, abstrait. Un parti, une patrie, un groupe social qui adhère à une doctrine qui fonctionne, des voisins mobilisés par l'urbanisme qui s'entendent, un groupe de gens qui soupe, un ministère, des gens d'affaire en réunion avec des clients. Mais nous entendons bien entendu aussi son incarnation fondamentale et maudite, le mariage monogame issu des monothéismes et leurs horribles persistances pseudo-laïques. "
Antoine Grange, copuler, militer ou écrire?
Entre deux romans, des demandes au maire
Monsieur le Maire,
Suite au décès de Monsieur *** , qui a pâturé jusqu'à l'an dernier l'alpage de *** au dessus de la commune de ***, s'étendant de *** au lieu-dit de ***, je désire par la présente vous informer de ma volonté de reprendre la responsabilité de l'alpage.
Un groupement d'environ 2000 brebis, sous ma responsabilité, permettrait de poursuivre l'entretien de l'arc alpin en question, dans une perspective de développement durable. Des discussions sont en cours avec des éleveurs pratiquant l'élevage transhumant, en Provence, et l'un d'eux m'a signifié son intérêt marqué pour le groupement que je pourrais créer.
J'aimerais donc par la présente connaitre les démarches à suivre auprès de la mairie pour que la location se fasse en bonne et due forme.
En attendant votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération distinguée.
Suite au décès de Monsieur *** , qui a pâturé jusqu'à l'an dernier l'alpage de *** au dessus de la commune de ***, s'étendant de *** au lieu-dit de ***, je désire par la présente vous informer de ma volonté de reprendre la responsabilité de l'alpage.
Un groupement d'environ 2000 brebis, sous ma responsabilité, permettrait de poursuivre l'entretien de l'arc alpin en question, dans une perspective de développement durable. Des discussions sont en cours avec des éleveurs pratiquant l'élevage transhumant, en Provence, et l'un d'eux m'a signifié son intérêt marqué pour le groupement que je pourrais créer.
J'aimerais donc par la présente connaitre les démarches à suivre auprès de la mairie pour que la location se fasse en bonne et due forme.
En attendant votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération distinguée.
L'hiver à Sète, c'est la sieste au bord de la mer, avec le soleil chaud. Au réveil, écrire. Puis quitter la pointe quand les goélands reviennent en nuées, par milliers, pourchassant les chalutiers qui rentrent avec du bon poisson, et que le soleil fond en une gouache orange pure comme la gouache orange de la maternelle.
J'écris, oui, mais je regarde. L'écrivain qui regarde la mer et sa beauté toute lente voit aussi les noyés. Dans la beauté du soleil fondant sur la mer, on s'est noyé, on s'est perdu. Dans la mer il y a des noyés, l'écrivain se berce du fracas de la volonté à ses pieds, de sa chienne, la plus belle du monde, venue y dormir avec lui, mais il y a une façon de regarder la beauté. Dans la mer il y eut des noyés.
Il voit aussi les sirènes infidèles. Et aussi les veuves de marins rentrées dans un mutisme dont rien ne les sort, même chez la boulangère où elles ne répondent pas au "bonne journée" après avoir jeté leurs pièces. Ce n'est pas parce qu'elles sont méchantes, c'est parce qu'elles sont tristes. Ou alors parce que la baguette n'était pas assez blanche. Mais elles jettent leurs pièces.
Et pourtant, la mer. La mer, mon amour. Les chiens pissent sur le port, mais la mer.
J'écris, oui, mais je regarde. L'écrivain qui regarde la mer et sa beauté toute lente voit aussi les noyés. Dans la beauté du soleil fondant sur la mer, on s'est noyé, on s'est perdu. Dans la mer il y a des noyés, l'écrivain se berce du fracas de la volonté à ses pieds, de sa chienne, la plus belle du monde, venue y dormir avec lui, mais il y a une façon de regarder la beauté. Dans la mer il y eut des noyés.
Il voit aussi les sirènes infidèles. Et aussi les veuves de marins rentrées dans un mutisme dont rien ne les sort, même chez la boulangère où elles ne répondent pas au "bonne journée" après avoir jeté leurs pièces. Ce n'est pas parce qu'elles sont méchantes, c'est parce qu'elles sont tristes. Ou alors parce que la baguette n'était pas assez blanche. Mais elles jettent leurs pièces.
Et pourtant, la mer. La mer, mon amour. Les chiens pissent sur le port, mais la mer.
“Je suis désolé que Ceausescu ait été communiste et qu’il ait commis d’ignobles méfaits, dit-il, mais je suis tout aussi inquiet du fait que nous, un peuple aux traditions chrétiennes, ayons tué deux personnes le jour de Noël, et que ce crime nous ait mis en joie, tels des antéchrists.”
- un roumain rencontré près de la tombe de Ceaucesuc, cité par Pavel Paduraru dans un un excellent article du Courrier International
(que je lis après avoir écrit la nouvelle)
- un roumain rencontré près de la tombe de Ceaucesuc, cité par Pavel Paduraru dans un un excellent article du Courrier International
(que je lis après avoir écrit la nouvelle)
Un lecteur de ce blogue me demande si je n’ai déjà songé à enfiler un de mes moutons.
Bien sur que j’y ai songé. Mieux encore, enfiler une brebis. J’ai même étendu la réflexion au delà de l'ovin, car le berger a plusieurs animaux. Réflexions zoologiques.
Je doute que le plus solitaire des bergers n'ait jamais forniqué avec une brebis. La physionomie du derrière, recouvert de laine sale, s'éloigne totalement de celui de la femme, et la disqualifie comme candidate. Idem pour le bélier, dont la configuration génitale, qui fait que le phallus semble sortir du milieu du ventre, n’a rien pour évoquer les jeunes éphèbes des gymnases que Socrate aimait tant, et que nous aimons tous à certains degrés, ne serait-ce que dans la fantasmagorie. Qui plus est, la brebis et le mouton sont farouches, et la relation ne pourrait donc comporter la moindre trace de consensualité.
La chèvre, beaucoup plus conviviale et avenante, pourvue de flancs plus arrondis et d’une matrice dont la forme évoque plus facilement celle des femmes, est déjà une candidate plus intéressante. Elle pourrait même faire preuve de tendresse pour peu que l’on la nourrisse pendant l’acte, en lui caressant lentement le poil du cou. La levrette avec une laitue dans la main - peut-être est-ce arrivé à certains bergers bien solitaires.
Mais la partenaire parfaite, indubitablement, pour la zoophilie pastorale, c’est l’ânesse. Pourvue d’un derrière pratiquement imberbe, aux rondeurs dignes de mes plus érotiques anciennes amantes, dont la taille et la symétrie sont confondants, qui ceint une vulve à la géométrie des grandes et petites lèvres vertigineuse. Le berger qui marche derrière l’ânesse ne peut pas ne pas songer aux doggy styles les plus effrénés de sa mémoire érotique. On ferait sans hésitation un cunnilingus langoureux à ce sexe rouge sémillant pendant qu'il transporte notre bagage pour l'estive, si...
Si ce n’était, malheureusement, de la stupidité épouvantable de l’ânesse. Un berger bien élévé s'est nécessairement fait expliquer qu'on ne fourre pas des connes, qu'il faut un minimum d'esprit à l'érotisme.
Ficelle, notre ânesse, têtue, fugueuse, brisait tout ce qui tombait à sa portée, tapait les chiens, tirait obstinément sur sa corde, et bramait comme une conne à s’en faire égorger. A nous en enlever, ma co-bergère et moi, toute envie de triolisme pastoral avec elle.
Bien sur que j’y ai songé. Mieux encore, enfiler une brebis. J’ai même étendu la réflexion au delà de l'ovin, car le berger a plusieurs animaux. Réflexions zoologiques.
Je doute que le plus solitaire des bergers n'ait jamais forniqué avec une brebis. La physionomie du derrière, recouvert de laine sale, s'éloigne totalement de celui de la femme, et la disqualifie comme candidate. Idem pour le bélier, dont la configuration génitale, qui fait que le phallus semble sortir du milieu du ventre, n’a rien pour évoquer les jeunes éphèbes des gymnases que Socrate aimait tant, et que nous aimons tous à certains degrés, ne serait-ce que dans la fantasmagorie. Qui plus est, la brebis et le mouton sont farouches, et la relation ne pourrait donc comporter la moindre trace de consensualité.
La chèvre, beaucoup plus conviviale et avenante, pourvue de flancs plus arrondis et d’une matrice dont la forme évoque plus facilement celle des femmes, est déjà une candidate plus intéressante. Elle pourrait même faire preuve de tendresse pour peu que l’on la nourrisse pendant l’acte, en lui caressant lentement le poil du cou. La levrette avec une laitue dans la main - peut-être est-ce arrivé à certains bergers bien solitaires.
Mais la partenaire parfaite, indubitablement, pour la zoophilie pastorale, c’est l’ânesse. Pourvue d’un derrière pratiquement imberbe, aux rondeurs dignes de mes plus érotiques anciennes amantes, dont la taille et la symétrie sont confondants, qui ceint une vulve à la géométrie des grandes et petites lèvres vertigineuse. Le berger qui marche derrière l’ânesse ne peut pas ne pas songer aux doggy styles les plus effrénés de sa mémoire érotique. On ferait sans hésitation un cunnilingus langoureux à ce sexe rouge sémillant pendant qu'il transporte notre bagage pour l'estive, si...
Si ce n’était, malheureusement, de la stupidité épouvantable de l’ânesse. Un berger bien élévé s'est nécessairement fait expliquer qu'on ne fourre pas des connes, qu'il faut un minimum d'esprit à l'érotisme.
Ficelle, notre ânesse, têtue, fugueuse, brisait tout ce qui tombait à sa portée, tapait les chiens, tirait obstinément sur sa corde, et bramait comme une conne à s’en faire égorger. A nous en enlever, ma co-bergère et moi, toute envie de triolisme pastoral avec elle.
Tant de matins où l'écrivain trouverait plus facile de se défenestrer au milieu de sa pureté que de se corrompre à écrire.
Tant de matins à faire du café sans fin et non à rentrer dans la salope de page blanche.
Le café et la défenestration comme substitution à l'histoire de la littérature. Retenons.
Tant de matins à faire du café sans fin et non à rentrer dans la salope de page blanche.
Le café et la défenestration comme substitution à l'histoire de la littérature. Retenons.
Zou ! Zou ! Zou ! Un peu d'aïoli.
Zou ! Zou ! Zou ! Viagra, non merci !
Ça remplace les dragées d'Hercule,
Et ça vaut mieux que toutes les pilules.
Vous pourrez alors sans effort
Certainement battre des records.
Et ce n'est pas une blague du Midi Zou ! Zou ! Zou ! Un peu d'aïoli.
La révolution roumaine
Son 20e anniversaire approche, et je vais peut-être y aller pour torcher un reportage avec une collègue photographe. En gros il y a peu de temps à perdre en thèses:
-Ceaucescu pourrait encore être au pouvoir en Roumanie, il n'a juste pas compris les messages de Gorby, et puis Gorby s'est impatienté.
-Les collègues de la nomenclature de Ceaucescu qui eux avaient compris le message se sont splitté le PIB du pays à sa privatisation.
Pour le reste, détails.
Si vous voulez revivre la révolution roumaine de 1989 en direct, branchez-vous sur un feed de l'OPA agressive de Cosmos sur Cossette. C'est pareil, les balles dans la tête en moins. Cosmos VS Cossette - Illiescu VS Ceaucescu, même combat. Même révolution de palais.
-Ceaucescu pourrait encore être au pouvoir en Roumanie, il n'a juste pas compris les messages de Gorby, et puis Gorby s'est impatienté.
-Les collègues de la nomenclature de Ceaucescu qui eux avaient compris le message se sont splitté le PIB du pays à sa privatisation.
Pour le reste, détails.
Si vous voulez revivre la révolution roumaine de 1989 en direct, branchez-vous sur un feed de l'OPA agressive de Cosmos sur Cossette. C'est pareil, les balles dans la tête en moins. Cosmos VS Cossette - Illiescu VS Ceaucescu, même combat. Même révolution de palais.
Deux riens sur la psychanalyse
en réponse @anonyme et @anonyme, selon leurs commentaires sur mon commentaire sur la psychanalyse autour de la mort de Nelly Arcan :
Certes, il n'y a pas une psychanalyse, il a des psychanalyses. J'ai pris la peine de préciser que je n'écrivais pas à son sujet d'un point de vue épistémologique. En fait, j'aurais dû préciser que je pointais du doigt son approche clinique, simplement.
Je n'ai pas envie de relancer les débats de fond sur elle, ils sont déjà denses et beaucoup plus articulés que ce dans quoi je pourrais m'avancer. mais si on revient à des considérations, disons, fondamentales, au risque d'être raillé - - -
--- La psychanalyse est a-scientifique et le débat épistémologique à son sujet est inutile. La psychanalyse est un questionnement vers auquel l'art ne peut échapper, écrire, c'est en procéder.
---- La psychanalyse clinique est une fumisterie qui tue plus de gens qu'elle n'en guérit, je le maintiens. On n'ouvre pas les valves de la mythologie comme ça, on laisse les moyens de défense naturels de la psyché s'édifier. On laisse le regard sur l'abime à ceux qui ont la force d'écrire, de peindre, de composer de la musique, qui ont un talent, voire un génie capable de regarder l'abime.. Ceux qui ont besoin d'aller voir un peu l'abime en pensant qu'ils iront mieux seront en bien plus grande sécurité entre les mains d'un roman de Proust ou d'une symphonie de Malher qu'assis sur un divan, qu'importe lequel .
– On ne guérit pas la douleur en allant farfouiller dans son caleçon ou dans ses égoïsmes profonds. À moins de devenir musicien, dramaturge, romancier, le farfouillage est inutile et vain. La publicité et tout ce qui en découle dans la société du spectacle sont plus utiles à l'individu que la somme des pratiques de la psychanalyse clinique. Avant de vous ruiner sur un divan, achetez-vous un roman. Ou même, identifiez-vous à une marque. C'est un moindre mal.
----J'assume, bien entendu, l'élitisme de mes propos. Il y a la masse, qui vit bien en mangeant selon la publicité et la propagande étatique. Il y a un peu plus haut, qui vit bien en allant au concerto et en sachant l'histoire, la mythologie, l'art. Et il y a ceux qui sont vraiment aptes à plonger dans l'abîme.
--- On ne va pas dans l'abime comme ça, et on ne sort pas de l'abime en parlant de sa maman et de son caca. On y va avec un soucis minimal de plonger dans l'inconscient collectif, et non pas dans son petit inconscient moi moi je moi moi je. Sinon on risque malheureusement de se pendre.
Maintenant lapidez-moi. Ah.
Certes, il n'y a pas une psychanalyse, il a des psychanalyses. J'ai pris la peine de préciser que je n'écrivais pas à son sujet d'un point de vue épistémologique. En fait, j'aurais dû préciser que je pointais du doigt son approche clinique, simplement.
Je n'ai pas envie de relancer les débats de fond sur elle, ils sont déjà denses et beaucoup plus articulés que ce dans quoi je pourrais m'avancer. mais si on revient à des considérations, disons, fondamentales, au risque d'être raillé - - -
--- La psychanalyse est a-scientifique et le débat épistémologique à son sujet est inutile. La psychanalyse est un questionnement vers auquel l'art ne peut échapper, écrire, c'est en procéder.
---- La psychanalyse clinique est une fumisterie qui tue plus de gens qu'elle n'en guérit, je le maintiens. On n'ouvre pas les valves de la mythologie comme ça, on laisse les moyens de défense naturels de la psyché s'édifier. On laisse le regard sur l'abime à ceux qui ont la force d'écrire, de peindre, de composer de la musique, qui ont un talent, voire un génie capable de regarder l'abime.. Ceux qui ont besoin d'aller voir un peu l'abime en pensant qu'ils iront mieux seront en bien plus grande sécurité entre les mains d'un roman de Proust ou d'une symphonie de Malher qu'assis sur un divan, qu'importe lequel .
– On ne guérit pas la douleur en allant farfouiller dans son caleçon ou dans ses égoïsmes profonds. À moins de devenir musicien, dramaturge, romancier, le farfouillage est inutile et vain. La publicité et tout ce qui en découle dans la société du spectacle sont plus utiles à l'individu que la somme des pratiques de la psychanalyse clinique. Avant de vous ruiner sur un divan, achetez-vous un roman. Ou même, identifiez-vous à une marque. C'est un moindre mal.
----J'assume, bien entendu, l'élitisme de mes propos. Il y a la masse, qui vit bien en mangeant selon la publicité et la propagande étatique. Il y a un peu plus haut, qui vit bien en allant au concerto et en sachant l'histoire, la mythologie, l'art. Et il y a ceux qui sont vraiment aptes à plonger dans l'abîme.
--- On ne va pas dans l'abime comme ça, et on ne sort pas de l'abime en parlant de sa maman et de son caca. On y va avec un soucis minimal de plonger dans l'inconscient collectif, et non pas dans son petit inconscient moi moi je moi moi je. Sinon on risque malheureusement de se pendre.
Maintenant lapidez-moi. Ah.
Trilogie
Le roman qui s'en va partout se stabilise et je pense pisser une trilogie. Sur la folie et l'imaginaire. Vite au travail.
Pose ta plume quand tu es fâché, écrivain. Plante là dans l'œil de ton voisin si tu veux, mais ne laisse pas le pamphlétaire en toi faire une ombre à la subtilité vibratoire de l'écriture. Tant s'y sont perdus.
Rasinari
A la taverne de Rasinari, le village natal de Cioran, nouvel an 2008. Le grand verre de Tsuica: 30 centimes.
Photo Ana Dumitrescu
Photo Ana Dumitrescu
En Roumanie, les exotiques, qui étaient les mêmes exclus que dans le Québec qui voulait une poésie rurale, étaient appelés les bonjouristes, par mépris du mot bonjour en français. Leurs détracteurs régionalistes se rangeaient derrière Eminescu et son apologie, esthétisée romantique, puant l'ersatz de Baudelaire, puant le terroir.
Et en Roumanie comme au Québec, à bien y regarder, ce sont les bonjouristes qui avaient du talent. Au diable Eminescu et ses spleens pastiches.
On s'en crisse, de ta neige, dans l'absolu, imbécile. L'esthétique, la douleur pis la quête de sens, c'est extra-territorial. La littérature et la poésie imposent de sortir de son rang au nom du bon sens mythologique élémentaire. Ton banc de neige, c'est pas une ontologie, c'est un lieu que tu peux quitter en développant minimalement ton talent.
(ce qui n'empêche pas d'en parler, et surtout de doit pas défiler de la peser, la crisse de neige invivable)
Et en Roumanie comme au Québec, à bien y regarder, ce sont les bonjouristes qui avaient du talent. Au diable Eminescu et ses spleens pastiches.
On s'en crisse, de ta neige, dans l'absolu, imbécile. L'esthétique, la douleur pis la quête de sens, c'est extra-territorial. La littérature et la poésie imposent de sortir de son rang au nom du bon sens mythologique élémentaire. Ton banc de neige, c'est pas une ontologie, c'est un lieu que tu peux quitter en développant minimalement ton talent.
(ce qui n'empêche pas d'en parler, et surtout de doit pas défiler de la peser, la crisse de neige invivable)
Bonne idée du jour : aller chez le psychanalyste pour me faire vacciner contre le thanatos. (la médecine préventive est toujours plus économique en temps et en argent, particulièrement dans ce secteur de la santé : l’envahissement pas le thanatos sans vaccin peut nécessiter jusqu’à douze ans de divan et une dizaine de mauvais romans narcissiques quand il est soigné en psychanalyse palliative).
Chanson issue du prochain roman ah pis puck off
La tourette, la Tourette, un siphon près d'une toilette
Trop de coups, trop de coups,
La Tourette ressort au bout!
La Tourette, lavée drue, rentre oui mais la bouche parle plus
Rentre oui mais la bouche parle plus!
La Tourette, la Tourette, société de la Tourette
Société de la Tourette...
aux propos forcés au net!
Trop de coups, trop de coups,
La Tourette ressort au bout!
La Tourette, lavée drue, rentre oui mais la bouche parle plus
Rentre oui mais la bouche parle plus!
La Tourette, la Tourette, société de la Tourette
Société de la Tourette...
aux propos forcés au net!
Le mensonge du présent
Il y a des photographies. Vous y voyez des lieux que vous avez habités. Il y a eu une vie, des subjectivités, des gens. Des moments, des intériorités sans doute rattachées à elles. Des chagrins oubliés. Des soupers oubliés, beaucoup, où la joie s'étendait inconsciente de sa finitude.
Il y a des photographies qui vous rappellent que le présent est une utopie, la pire des utopies.
Et il y a un grand désarroi intérieur : vous n'avez plus aucune idée de ce qu'était l'essence des choses, des lieux, des intériorités, des dites photographies. Vous avez vieilli, vous ne vous souveniez pas d'avoir été aussi beau, pas d'avoir été aussi heureux, ou simplement là. Même dans vos rêves. Et des photos, toutes les virtualités découlent, et si j'avais dit, ce soir-là, à cette personne, cette chose. Pour le peu qui vous en revient.
Vous êtes pétrifié.
Il n'y a rien à tirer de la photographie comme mimésis, sauf de l'angoisse, et du viol d'intimité sur les réseaux sociaux. Le peuple photographie, et la photographie devient une utopie meurtrière, une violence du présent assené non-stop.
Écrire, ce n'est surtout pas figer le présent. C'est attendre qu'il macère. Et en attendant, laisser monter du passé qui a su un peu bien vieillir.
À la photographie je demande la dignité de la transfiguration, la dignité de la beauté. Au milieu de la débilité de la surpixélisation du monde, du présent, qui ne méritent pas une telle idolâtrie..
Il y a des photographies qui vous rappellent que le présent est une utopie, la pire des utopies.
Et il y a un grand désarroi intérieur : vous n'avez plus aucune idée de ce qu'était l'essence des choses, des lieux, des intériorités, des dites photographies. Vous avez vieilli, vous ne vous souveniez pas d'avoir été aussi beau, pas d'avoir été aussi heureux, ou simplement là. Même dans vos rêves. Et des photos, toutes les virtualités découlent, et si j'avais dit, ce soir-là, à cette personne, cette chose. Pour le peu qui vous en revient.
Vous êtes pétrifié.
Il n'y a rien à tirer de la photographie comme mimésis, sauf de l'angoisse, et du viol d'intimité sur les réseaux sociaux. Le peuple photographie, et la photographie devient une utopie meurtrière, une violence du présent assené non-stop.
Écrire, ce n'est surtout pas figer le présent. C'est attendre qu'il macère. Et en attendant, laisser monter du passé qui a su un peu bien vieillir.
À la photographie je demande la dignité de la transfiguration, la dignité de la beauté. Au milieu de la débilité de la surpixélisation du monde, du présent, qui ne méritent pas une telle idolâtrie..
En vrac et en miettes sur le suicide médiatisé de Nelly Arcan
1) La psychanalyse a sorti de ses morbides divans beaucoup plus de suicidés que de miraculés. Elle a ruiné des œuvres, ruiné des fertilités intérieures. A niveler par le bas en faisant de l'étron l'égal du symbole, de la douleur l'égal du sacré, du lapsus l'égal du mot, elle a décimé. Il en faut la faillite. La psychanalyse pue le je, pue le je à en devenir le cancer de la littérature.
2) L'écrivain mort suicidé scrappe son ouvre, par le haut ou par le bas, mais la scrappe, notamment en la jetant en pâture à la populace qui veut du steak de pathos saignant.
3) Le néant est le seul espace qui échappe pas essence à la morale. Et paradoxalement, le seul qui permette la prescription morale absolue à l'égard de ceux qui le choisissent, le silence.
(donc ta gueule, Lefebure).
2) L'écrivain mort suicidé scrappe son ouvre, par le haut ou par le bas, mais la scrappe, notamment en la jetant en pâture à la populace qui veut du steak de pathos saignant.
3) Le néant est le seul espace qui échappe pas essence à la morale. Et paradoxalement, le seul qui permette la prescription morale absolue à l'égard de ceux qui le choisissent, le silence.
(donc ta gueule, Lefebure).
Dictionnaire utile
J'installe un pack de dictionnaires - synonymes, rimes, conjugaison, etc. , dont un propose des modèles de correspondance - CV, lettres à assureur, à une banque pour s'excuser d'un découvert. Mais quelle surprise d'y trouver aussi des modèles de correspondance peu usités: humour douteux du pilote (catégorie vacances); rupture après une scène de jalousie (catégorie mariage) ; remerciements pour une poupée (catégorie famille), félicitations pour ton cheval (catégorie sports et loisirs), et la meilleure et le plus utile, condoléances pour la mort d'un chien (catégorie divers):
Cher Prénom,
J'ai appris avec tristesse l'accident qui a coûté la vie à Castor, ton bel épagneul. Je comprends ta douleur et je la partage. Cela ne doit pas être facile pour toi, surtout qu'il te tenait compagnie depuis cinq ans. On s'attache vite aux animaux qui partagent les joies et les peines de notre existence, et ils deviennent une partie de notre propre vie affective. Je te souhaite tout le courage nécessaire pour surmonter ton chagrin.
Je pense très fort à toi, et t'embrasse très affectueusement.
Prénom
Cher Prénom,
J'ai appris avec tristesse l'accident qui a coûté la vie à Castor, ton bel épagneul. Je comprends ta douleur et je la partage. Cela ne doit pas être facile pour toi, surtout qu'il te tenait compagnie depuis cinq ans. On s'attache vite aux animaux qui partagent les joies et les peines de notre existence, et ils deviennent une partie de notre propre vie affective. Je te souhaite tout le courage nécessaire pour surmonter ton chagrin.
Je pense très fort à toi, et t'embrasse très affectueusement.
Prénom
L'hiver est une vulve qui te brûle la graine
L'hiver est une vulve qui te brûle la graine, le crisse.
Tu te demandes où c'est que t'es allé la rentrer, ta graine, pour que chaque année, le voile de novembre accroche ses cordes de pendus aux plafonds des greniers pleins de souvenirs pis de marde de souris, pis qu'on te brûle la graine au figuré parce que t'as des condylomes. Hostie de frimas. Des flocons de frimas sur les verrues de ton cap et pis ca tue. L'éros c'est pas supposé être ça, saint sacrament. Mais le peuple endure, le gland plein de verrues, le grenier plein de pendus.
Voilà le dernier billet que m'a envoyé ce poète obscur du Plateau Mont-Royal, avec qui j'ai éclusé, avant de me faire pâtre et insoumis, beaucoup de tonneaux de gros gin. Il s'est suicidé par hypothermie en forêt l'hiver dernier (avec sept grammes de vodka dans le sang), et personne ne s'intéresse à aucun de ses fragments posthumes, minces comme du papier à rouler des joints.
Je lui souhaite un bon repos dans le néant. Et suis très heureux de vivre à Sète et non dans le frimas pour enfin achever ce très en retard opus sur la vésanie.
Tu te demandes où c'est que t'es allé la rentrer, ta graine, pour que chaque année, le voile de novembre accroche ses cordes de pendus aux plafonds des greniers pleins de souvenirs pis de marde de souris, pis qu'on te brûle la graine au figuré parce que t'as des condylomes. Hostie de frimas. Des flocons de frimas sur les verrues de ton cap et pis ca tue. L'éros c'est pas supposé être ça, saint sacrament. Mais le peuple endure, le gland plein de verrues, le grenier plein de pendus.
Voilà le dernier billet que m'a envoyé ce poète obscur du Plateau Mont-Royal, avec qui j'ai éclusé, avant de me faire pâtre et insoumis, beaucoup de tonneaux de gros gin. Il s'est suicidé par hypothermie en forêt l'hiver dernier (avec sept grammes de vodka dans le sang), et personne ne s'intéresse à aucun de ses fragments posthumes, minces comme du papier à rouler des joints.
Je lui souhaite un bon repos dans le néant. Et suis très heureux de vivre à Sète et non dans le frimas pour enfin achever ce très en retard opus sur la vésanie.
Des je perdus
Je lis Gaston Bachelard et Alain avec une certaine délectation, ne serait-ce pour la somme d'étonnements que la lecture suscite. On n'écrit plus comme ça, on ne lit plus non plus comme ça, et il s'y est perdu une prose aérienne et volcanique, mais aussi un sens de l'introspection édifié sur l'humilité. Humilité pourtant pleine de soif d'absolu.
Grand réconfort à l'ère du je mégalomane, du je qui étale sa psychanalyse sur la place publique, du je qui va à la télé parler de tout sauf du livre, parce qu'on lui demande de le faire, quand il a écrit un livre.
Grand réconfort à l'ère du je mégalomane, du je qui étale sa psychanalyse sur la place publique, du je qui va à la télé parler de tout sauf du livre, parce qu'on lui demande de le faire, quand il a écrit un livre.
Hier soir, mon père en visite et moi déambulions sur les quais de Sète. D'un coup, un représentant de RICARD (mc) nous interpelle et nous enjoint à prendre l'apéro gratuit. Sept Ricards gratuits plus tard, nous sommes sortis en titubant, c'est violent comme marketing. Et dorénavant nous ne buvons plus de 51, comme il nous a enjoint à le faire en échange des verres. Cepedant, en anti-consommateurs avertis, et en folkmoristes invétérés, nous buvons du BERGER (mc).
Matin ordinaire, il a fait 26. J'écris sur la terrasse avec vue sur la mer. La bergère se lève, je passe au thé, puis je google les actualités. J'ai avancé, raturé le roman, et je fonce dans un mur depuis trois semaines, il faut tout restructurer.
Qu'importe. Descendre au marché, sur quatre rues, c'est mercredi. La lumière, la mer, les poissonnières avec leur clope au bec, les vendeurs qui crient de profiter, profiter. J'achète des saucisson aux noix et d'autres au beaujolais. Des pâtes aux orties et au roquefort. Des artichauds, six pour deux euros. Le tripier m'offre le canon, j'achète deux cervelles d'agneaux. Puis le vendeur de charcutaille m'offre le canon, il veut en savoir plus sur les bergers, et j'achète une terrine au chevreuil et au foie gras, quatre Euros. Je disais charcutaille? Bon sang. Et dire que des gens mangent bio.
Je devrais pas picoler aujourd'hui, j'ai vraiment un chapitre à torcher, mais le vendeur de vrac me fait craquer, un litre de rosé pour 1,20 Euros, fruité et gouleyant.
Je torche quand même le chapitre, tout en torchant le rosé. La mer s'agite. Elle est bleue, le mois d'octobre l'a fait passer à une agitation plus grande qu'à l'arrivée. Voilà, tout est torché, de toute façon le roman est tout restructuré, et j'ai abandonné l'insupportable direction littéraire, chimère post-moderne inutile. Posture d'autorité qui me laisse incrédule. Je descends à la mer, en passant par la criée des poissons. Je pique à la criée une sole.
Et je descends sur les rocher voir la mer se fracasser en lisant la psychanalyse du feu de Bachelard.
Vous disiez, libre arbitre, madame? Vous êtes obligée de travailler pour payer un loyer, et l'hiver va arriver? Je veux pas être baveux, mais moi pas. Et j'ai choisi.
Dire que mon feu directeur littéraire me disait que mon œuvre allait commencer à se consolider quand je ne voyagerais plus. Dans le rien qui se passe au Québec. Qu'il m'a aussi dit qu'un jour je devrais me stabiliser pour garder l'amour de ma bergère. Qu'il a aussi exigé que je boive mon eau minérale dans un verre de plastique et non à même la canette, pour l'image, au salon du livre. Quand je me torchais des canons à la journée.
Pauvre monde.
Je cours à la mer, et je m'assimile.
Ici, je laisse mes lauries dehors tout l'hiver. En face de l'église, mon seul voisin, sous l'aile bienveillante de la vierge protestante qui fait un fuck you. A cause des doigts cassés.
Qu'importe. Descendre au marché, sur quatre rues, c'est mercredi. La lumière, la mer, les poissonnières avec leur clope au bec, les vendeurs qui crient de profiter, profiter. J'achète des saucisson aux noix et d'autres au beaujolais. Des pâtes aux orties et au roquefort. Des artichauds, six pour deux euros. Le tripier m'offre le canon, j'achète deux cervelles d'agneaux. Puis le vendeur de charcutaille m'offre le canon, il veut en savoir plus sur les bergers, et j'achète une terrine au chevreuil et au foie gras, quatre Euros. Je disais charcutaille? Bon sang. Et dire que des gens mangent bio.
Je devrais pas picoler aujourd'hui, j'ai vraiment un chapitre à torcher, mais le vendeur de vrac me fait craquer, un litre de rosé pour 1,20 Euros, fruité et gouleyant.
Je torche quand même le chapitre, tout en torchant le rosé. La mer s'agite. Elle est bleue, le mois d'octobre l'a fait passer à une agitation plus grande qu'à l'arrivée. Voilà, tout est torché, de toute façon le roman est tout restructuré, et j'ai abandonné l'insupportable direction littéraire, chimère post-moderne inutile. Posture d'autorité qui me laisse incrédule. Je descends à la mer, en passant par la criée des poissons. Je pique à la criée une sole.
Et je descends sur les rocher voir la mer se fracasser en lisant la psychanalyse du feu de Bachelard.
Vous disiez, libre arbitre, madame? Vous êtes obligée de travailler pour payer un loyer, et l'hiver va arriver? Je veux pas être baveux, mais moi pas. Et j'ai choisi.
Dire que mon feu directeur littéraire me disait que mon œuvre allait commencer à se consolider quand je ne voyagerais plus. Dans le rien qui se passe au Québec. Qu'il m'a aussi dit qu'un jour je devrais me stabiliser pour garder l'amour de ma bergère. Qu'il a aussi exigé que je boive mon eau minérale dans un verre de plastique et non à même la canette, pour l'image, au salon du livre. Quand je me torchais des canons à la journée.
Pauvre monde.
Je cours à la mer, et je m'assimile.
Ici, je laisse mes lauries dehors tout l'hiver. En face de l'église, mon seul voisin, sous l'aile bienveillante de la vierge protestante qui fait un fuck you. A cause des doigts cassés.
Bateau
J'ai toujours besoin d'un lieu pour écrire, à la maison je n'écris pas, je bois du thé, je surfe, je lis. J'ai mis une petite annonce, écrivain en résidence à Sète cherche lieu tranquille pour écrire, [...].
Je vais écrire sur un bateau amarré dans le port pour l'hiver. Y'a même une cafetière. Ouais.
*
Pour ceux qui s'inquiètent de la suite, elle arrive, elle est en restructuration mais elle arrive. Bourse du conseil des Arts aidant, je n'aurai pas le choix de livrer, peu importe où je publie.
C'est un roman polyphonique sur la folie, oui madame.
Je vais écrire sur un bateau amarré dans le port pour l'hiver. Y'a même une cafetière. Ouais.
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Pour ceux qui s'inquiètent de la suite, elle arrive, elle est en restructuration mais elle arrive. Bourse du conseil des Arts aidant, je n'aurai pas le choix de livrer, peu importe où je publie.
C'est un roman polyphonique sur la folie, oui madame.
Je m'entraine aux différentes étapes qui jalonneront ma demande de naturalisation française (non, on peut plus vivre au Québec, ni sur le Plateau, ni en Estrie, ni nulle part).
A la question, pourquoi voulez-vous devenir français, je crois qu'il faut que j'évite de répondre:
-- Pour voter Besancenot en 2012.
En fait le dossier est assez épais. Berger, mais écrivain, sur le point d'avoir un éditeur français pour les deux prochains romans, et preuve généalogique de ma filiation avec un laboureur charentais parti pour la Neuve France vers 1690. Avant la cession de la colonie par le traité de Paris, qu'on peut plaider inconstitutionnelle vu l'absence de référendum (y'a un recours collectif et un très solide argumentaire juridique à ce sujet, ici).
Et puis, je peux apporter beaucoup à la république, j'ai lu tout Reiser.
A la question, pourquoi voulez-vous devenir français, je crois qu'il faut que j'évite de répondre:
-- Pour voter Besancenot en 2012.
En fait le dossier est assez épais. Berger, mais écrivain, sur le point d'avoir un éditeur français pour les deux prochains romans, et preuve généalogique de ma filiation avec un laboureur charentais parti pour la Neuve France vers 1690. Avant la cession de la colonie par le traité de Paris, qu'on peut plaider inconstitutionnelle vu l'absence de référendum (y'a un recours collectif et un très solide argumentaire juridique à ce sujet, ici).
Et puis, je peux apporter beaucoup à la république, j'ai lu tout Reiser.
Ah, Sète. J'ai besoin d'un bureau, pour écrire, parce qu'à la maison, je me perds sur Internet et je fais du thé, du thé, tout le temps, du thé.
Je passe une annonce à, la médiathèque. Ecrivain en résidence à Sète cherche endroit économique pour écrire. Toute offre considérée, bateau, grenier, cathédrale.
Et on m'offre un bateau. Amarré pour l'hiver, j'y vais au crépuscule, je m'assois avec mes feuillets, et interdit d'en sortir avant 17H00 avec une pile de romans et de chroniques, sinon la bergère me bat (et mon surmoi m'engueule).
Tout va bien.
*
Je passe une annonce à, la médiathèque. Ecrivain en résidence à Sète cherche endroit économique pour écrire. Toute offre considérée, bateau, grenier, cathédrale.
Et on m'offre un bateau. Amarré pour l'hiver, j'y vais au crépuscule, je m'assois avec mes feuillets, et interdit d'en sortir avant 17H00 avec une pile de romans et de chroniques, sinon la bergère me bat (et mon surmoi m'engueule).
Tout va bien.
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C'est à en croire que ma patrie, c'est les mots. Pour la deuxième fois, je me fixe dans un lieu, un espace géographique, sa mémoire historique floue et un certain amour courtois pour lui, à cause de rencontres dans une bibliothèque, ou dans la poésie.
J'avais abordé, le croyant, lors de nos premiers contacts, mort suicidé, Cioran, dans une bibliothèque du collège où je faisais mes premiers pas en philo, privilègieant, on ne choisit pas son tempérament, le sentier des marginaux et de la haine de la philosophie universitaire. Douze ans plus tard, suivant ses traces dans les souvenirs impressionistes du temps perdu de son village natal, j'ai vécu huit mois en Transylvanie, mitraillé au carnet et à la photo le village de Rasinari, et feuilleté les archives de Sibiu, tenues par la veuve de son frère décédé depuis peu pour mettre sur pied un projet littéraire et photographique (avorté). Je relisais le blogue que je tenais, en 200x, dans lequel déjà, ne sachant rien des moutons qui m'attendaient, ni même de l'amoureuse qui serait la compagne de ce vertige nomade qui s'étire maintenant depuis plus de cinq ans, et j'y prophètisais qu'un jour je courrais en train vers la patrie du feu insomniaque – ne sachant ni comment, ni pourquoi. Et voilà que x ans plus tard je présente, devant une assemblée d'étudiants de l'Université de Sibiu, où il erra tant de nuits morbides, une conférence sur l'autofiction et l'écriture comme acte de résitance dans un monde en ruine qui n'offre que la servitude, offre qui ne peut appeler que l'insurrection, au sens extra-hisotique, à la révolte métaphysique pour citer Camus, si professeur fut-il.
Après un impossible retour au Québec, dont tout m'a dégoûté, et où rien ne nous rattache, je suis reparti aux moutons. Pour la douzième fois, peut-être. De là, quatre mois à vivre à l'hotel, en résidence d'auteur, ne cherchez pas comment, mais c'est encore possible, à garder les ouailles, boire (beaucoup), manger, discuter avec des gens de tous horizons, et accessoirement écrire (un peu).
C'est à en croire que ma patrie, c'est les mots, me voilà installé dans un studio, dont le hublot donne sur la mer, à écrire le prochain roman très en retard, livrable dans un an au Conseil des Arts, dans la ville natale de Georges Brassens, Sète. Brassens qui me berça du coeur de l'enfance, Brassens qui fut le seul vrai compagnon de l'anarchie, les punks n'étant pas raisonnables et aimables comme l'anarchie l'est au fond. Brassens qui tourna et tourna toujours dans tous les appartements que j'habitai, qui dans tous les amours qui passèrent qui fut un compagnon du passage et de l'abandon. Brassens sur la tombe duquel je suis encore allé siffler un demi-litre de blanc de pays en croquant un Tille (tourte sétoise au poulpe) ce midi, le coeur ému de n'avoir, pour patrie, que les mots, et pour chemins ceux qui en ont laissé la transcendance immortelle.
Cela dit avec, aussi, toute ma déférence gardée envers Paul Valéry, que j'irai bien voir de même, le connaissant un peu moins bien. J'ai tout l'hiver pour le rattrapper: j'ai mis la main sur ses oeuvres complètes, et son cimetière marin est à dix minutes de marche du studio.
Maintenant, au travail, je suis en retard, non pas de rentrées littéraires, mais d'une abondance intérieure, obscure et claire, à décharger sur le papier. Et j'ai pour la enième fois envoyé chier mon directeur littéraire, qui pour la enième fois a voulu prendre une posture autoritaire, ce qui ne sera que bénéfique pour l'écriture (l'insulte, pas la posture). Les relations entre les auteurs et les éditeurs ne sont que conflits secondaires, elles sont à éliminer totalement de l'acte d'écrire, si on veut laisser autre chose derrière soi que le vent du roman bourgeois ou contemporain. Il ne faut condescendre à la guerre avec un éditeur que sur des questions de typographie, de journalistes et de libraires, bref, les questions de bonnefemmes, et encore, cela n'est même pas nécessaire, dans l'absolu.
Je ne m'emporte pas, la brise marine se glisse entre mes nasaux et le soleil du Midi rachète l'insupportable hiver, celui de 2008-2009, subi au milieu de la monoculture de sapins en Estrie. Les halles de ma nouvelle ville, à cinq minutes à pied, pleines de poissons frais du jour, de coquillages, de boucheries, de triperies, font oublier le IGA de Sherbrooke.
Au travail, jeune homme bipolaire, à la plume, et puisse l'oeil bienveillant de Brassens veiller sur la constance d'une vocation venue du coeur, coeur résistant malgré un monde détruit qui le ruine et le nourrit à la fois, secoué entre la bonté et la mitraillette, et prêt à visiter la grâce comme l'abîme.
J'avais abordé, le croyant, lors de nos premiers contacts, mort suicidé, Cioran, dans une bibliothèque du collège où je faisais mes premiers pas en philo, privilègieant, on ne choisit pas son tempérament, le sentier des marginaux et de la haine de la philosophie universitaire. Douze ans plus tard, suivant ses traces dans les souvenirs impressionistes du temps perdu de son village natal, j'ai vécu huit mois en Transylvanie, mitraillé au carnet et à la photo le village de Rasinari, et feuilleté les archives de Sibiu, tenues par la veuve de son frère décédé depuis peu pour mettre sur pied un projet littéraire et photographique (avorté). Je relisais le blogue que je tenais, en 200x, dans lequel déjà, ne sachant rien des moutons qui m'attendaient, ni même de l'amoureuse qui serait la compagne de ce vertige nomade qui s'étire maintenant depuis plus de cinq ans, et j'y prophètisais qu'un jour je courrais en train vers la patrie du feu insomniaque – ne sachant ni comment, ni pourquoi. Et voilà que x ans plus tard je présente, devant une assemblée d'étudiants de l'Université de Sibiu, où il erra tant de nuits morbides, une conférence sur l'autofiction et l'écriture comme acte de résitance dans un monde en ruine qui n'offre que la servitude, offre qui ne peut appeler que l'insurrection, au sens extra-hisotique, à la révolte métaphysique pour citer Camus, si professeur fut-il.
Après un impossible retour au Québec, dont tout m'a dégoûté, et où rien ne nous rattache, je suis reparti aux moutons. Pour la douzième fois, peut-être. De là, quatre mois à vivre à l'hotel, en résidence d'auteur, ne cherchez pas comment, mais c'est encore possible, à garder les ouailles, boire (beaucoup), manger, discuter avec des gens de tous horizons, et accessoirement écrire (un peu).
C'est à en croire que ma patrie, c'est les mots, me voilà installé dans un studio, dont le hublot donne sur la mer, à écrire le prochain roman très en retard, livrable dans un an au Conseil des Arts, dans la ville natale de Georges Brassens, Sète. Brassens qui me berça du coeur de l'enfance, Brassens qui fut le seul vrai compagnon de l'anarchie, les punks n'étant pas raisonnables et aimables comme l'anarchie l'est au fond. Brassens qui tourna et tourna toujours dans tous les appartements que j'habitai, qui dans tous les amours qui passèrent qui fut un compagnon du passage et de l'abandon. Brassens sur la tombe duquel je suis encore allé siffler un demi-litre de blanc de pays en croquant un Tille (tourte sétoise au poulpe) ce midi, le coeur ému de n'avoir, pour patrie, que les mots, et pour chemins ceux qui en ont laissé la transcendance immortelle.
Cela dit avec, aussi, toute ma déférence gardée envers Paul Valéry, que j'irai bien voir de même, le connaissant un peu moins bien. J'ai tout l'hiver pour le rattrapper: j'ai mis la main sur ses oeuvres complètes, et son cimetière marin est à dix minutes de marche du studio.
Maintenant, au travail, je suis en retard, non pas de rentrées littéraires, mais d'une abondance intérieure, obscure et claire, à décharger sur le papier. Et j'ai pour la enième fois envoyé chier mon directeur littéraire, qui pour la enième fois a voulu prendre une posture autoritaire, ce qui ne sera que bénéfique pour l'écriture (l'insulte, pas la posture). Les relations entre les auteurs et les éditeurs ne sont que conflits secondaires, elles sont à éliminer totalement de l'acte d'écrire, si on veut laisser autre chose derrière soi que le vent du roman bourgeois ou contemporain. Il ne faut condescendre à la guerre avec un éditeur que sur des questions de typographie, de journalistes et de libraires, bref, les questions de bonnefemmes, et encore, cela n'est même pas nécessaire, dans l'absolu.
Je ne m'emporte pas, la brise marine se glisse entre mes nasaux et le soleil du Midi rachète l'insupportable hiver, celui de 2008-2009, subi au milieu de la monoculture de sapins en Estrie. Les halles de ma nouvelle ville, à cinq minutes à pied, pleines de poissons frais du jour, de coquillages, de boucheries, de triperies, font oublier le IGA de Sherbrooke.
Au travail, jeune homme bipolaire, à la plume, et puisse l'oeil bienveillant de Brassens veiller sur la constance d'une vocation venue du coeur, coeur résistant malgré un monde détruit qui le ruine et le nourrit à la fois, secoué entre la bonté et la mitraillette, et prêt à visiter la grâce comme l'abîme.
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